BELLIER B8
La B8 sera sans doute l'ultime voiture sans permis à porter la marque Bellier.

Bellier suspend la production de voitures sans permis

La norme de pollution Euro 5+ a mis un coup d’arrêt à la production de voitures sans permis chez Bellier. L’arrêt des B8 et Docker étant désormais acté, l’usine de Talmont Saint-Hilaire se recentre sur d’autres activités pour assurer sa pérennité.

Le statu quo qui régnait chez Bellier depuis plusieurs mois ne laissait rien augurer de bon pour la gamme de voitures sans permis. Après de longues semaines d’hésitation, c’est désormais acté : la production des B8 et Docker ne reprendra pas. Une page se tourne dans l’usine de Talmont Saint-Hilaire. Fondée en 1968 par Jean Bellier pour la production de petites voitures pour l’apprentissage de la conduite, destinées à l’association Prévention Routière, Bellier a produit ses premières voitures sans permis en 1980 avec la Formule 85. C’est en 1990 que l’entreprise a déménagé dans les locaux actuels de Talmont Saint-Hilaire. En 2010, le rachat par la holding Neuvessel devait donner un second souffle à l’entreprise. L’actionnaire principal Jacques Neuvessel, voulait utiliser les moteurs de commandes de palonniers pour l’aéronautique de Sermat, une autre entreprise de la holding, pour motoriser des véhicules légers. En 2015 était lancée la B8, une nouvelle génération de voitures sans permis inspirée de la Fiat 500, qui a toujours brillé par ses qualités lors de nos essais et comparatifs.

La Bellier B8 tuée par la norme Euro 5+

Malheureusement, la Bellier B8 n’est jamais parvenue à suivre les volumes de ses rivales de chez Chatenet et Casalini. Les versions électriques, qui ont tardé à venir, ont rapidement été abandonnées faute de demande, à cause d’un prix trop élevé. Du côté des versions diesel, Bellier a dû faire face à la défection successive de deux de ses fournisseurs de moteurs : Yanmar en 2018 et Lombardini en 2025, suite à la mise en place des normes de pollution Euro 4 et Euro 5+. Cela a nécessité de nouvelles homologations, coûteuses, alors que le prix des composants n’a cessé d’augmenter, avec une influence néfaste sur les tarifs de la B8 et de l’utilitaire Docker. Comme ses rivaux Casalini et Chatenet, Bellier s’est retrouvé en début d’année 2025 sans moteur répondant à la nouvelle norme de pollution après le retrait de Lombardini du marché. La solution technique développée par Casalini sur la base du moteur Kubota aurait encore renchéri la B8. L’investissement ne valait pas le coup pour un modèle déjà âgé, dans un secteur de la voiture sans permis traditionnelle en difficulté. La décision a donc été prise d’arrêter totalement la production des véhicules sans permis. « Nous avons des projets pour des quadricycles d’un autre genre, avec l’espoir d’une commercialisation », assure un porte-parole de l’entreprise.

Dix ans après la fin de JDM et quelques mois seulement après la fermeture de l’usine Microcar de Montaigu, l’arrêt de production des voitures sans permis Bellier ressemble à coup dur pour l’industrie de l’ouest de la France. Pour autant, cela ne signifie pas la fin de l’entreprise. « Nous ne procèderons à aucun licenciement », insiste-t-on chez Bellier. Toujours sous la coupe de la holding Neuvessel qui assure sa pérennité et sa sécurité financière, l’usine de Talmont Saint-Hilaire réoriente ses activités. La production de pièces détachées se poursuit. « Une nécessité, face à un marché de l’occasion très dynamique ». Elle continue aussi la fabrication du Mobile Dream, un fauteuil roulant tout-terrain pour handicapés, conçue par la société Lazelec, débutée en ces lieux en 2016. Elle est complétée par la remorque Arès, destinée aux transports de jet-ski et de motos. Quant à l’atelier de carrosserie, il a été ouvert à des tiers, notamment pour des restaurations de véhicules anciens. Bellier n’est donc pas morte, même si les chances de revoir des voitures sans permis portant ce blason restent hypothétiques.

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