Depuis mars 2023, René Basei est PDG d'Aixam-Mega.

René Basei, PDG d’Aixam : « Nous réfléchissons à un modèle plus simple que l’Easy, pour rivaliser avec la Citroën Ami. »

René Basei, nouveau PDG d’Aixam, a récemment repris les rênes du numéro 1 français de la voiture sans permis. Le constructeur savoyard parvient à plutôt bien résister à Stellantis… Et ne compte pas s’arrêter là pour défendre son pré carré. Il a accordé une interview exclusive à Génération sans Permis lors du Mondial de l’Automobile.

Génération sans Permis : Le marché de la voiture sans permis est difficile, surtout face à la concurrence de Stellantis. Comment se porte Aixam dans cette situation ?

René Basei : Nous sommes plutôt satisfaits de nos ventes. Je préfère raisonner sur tout l’Europe plutôt que seulement sur la France, où nous constatons un léger recul : notre marché représente aujourd’hui un peu moins de 40 % de nos ventes, et on se rattrape avec l’export. Nous devrions avoir vendu 17 500 voitures en 2026. Par ailleurs, en France, nous avons eu en septembre une part de marché très proche de celle de Stellantis, Citroën et Fiat cumulés.

L’export se développe donc, quels sont vos principaux débouchés ?

Traditionnellement, la France et l’Italie sont des marchés importants. Et l’Allemagne progresse de belle manière.

Est-il possible de résister à Stellantis, avec les Citroën Ami et Fiat Topolino aux tarifs très bas ?

Nous avons fait un premier pas avec l’Easy, avec une simplification, notamment à l’intérieur, pour diminuer les prix. Ce modèle, un peu nouveau dans sa philosophie, est bien reçu par la clientèle, et a déjà atteint les volumes de l’ancienne Minauto. Et nous réfléchissons à aller plus loin. Par exemple avec un véhicule sans coffre, pour encore diminuer les coûts. Il faut voir si la clientèle accepte de tels compromis, et c’est pour cela que nous lançons des études de marché, ce qui est un peu nouveau pour nous.

Est-il encore nécessaire de garder des modèles plus chers ? Y a-t-il encore une clientèle pour cela ?

Oui, bien sûr ! L’Easy s’adresse à la frange la plus jeune de la clientèle. Mais ce n’est pas la seule. Nous conservons une clientèle rurale, qui roule sur de plus longues distances et reste attachée à nos modèles traditionnels, et à la motorisation diesel. Enfin, nous voyons émerger une clientèle de jeunes urbains, qui a le plus souvent un permis de conduire et qui cherche un véhicule extrêmement compact. Voilà autant de raisons de conserver l’offre complète sur notre gamme.

L’électrique a le vent en poupe sur le marché, principalement porté par Stellantis. Est-ce le cas aussi chez Aixam ?

Oui, l’électrique représente aujourd’hui environ 35 % de nos ventes.

Ces derniers mois, vous avez eu des stocks très importants, le problème est-il aujourd’hui résolu ?

Ces stocks ont été liés à des problèmes d’approvisionnement irrégulier de moteurs diesel Euro 5+. Cela a eu un effet de balancier sur notre production, où d’importants lots de modèles électriques ont succédé à d’autres lots de modèles diesel, sans corrélation exacte avec les commandes. Cela a nécessité parfois de fortement ralentir la production pour écouler les stocks. Heureusement, notre outil industriel est agile, ce qui rend l’opération moins douloureuse ! Aujourd’hui, les approvisionnements sont réguliers, et nous pouvons reprendre un rythme de croisière qui correspond à la demande.

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